Selon le dictionnaire de l’Abbé Angot, voici les différents noms que portait le village avant 1500 :
Ausciacus, 642 (Test. de saint Bertrand). — Campausciac (Monnaie mérov.). — Ecclesia de Iziaco, 989 (Cart. d’Évron). — Ecclesia Sancti Petri de Iziaco,1125 (Ibid.). — H. de Ice, … de Izé, XII s. (Cart. de la Couture, p. 127, 129). — Apud Izeium,1226 (Cart. d’Évron). — Parrochia de Yzeio,1241(Lib. alb., mss.). — Izé, 1312 (Bib. nat., fr. 8.736). — Izeium,1326 (Cart. d’Évron). — Saint-Père d’Izé,1433 (Arch. nat., KK. 324). — Yzeyum, XV s. (Pouillé). — Isé (Carte cénom.).
A Izé se trouve un dolmen de 3 mètres de hauteur sur un pourtour de 4 mètres. D’autres dolmens se trouvaient dans le Bois d’Izé, mais ils ont disparu.
Voici quelques cartes postales d’Izé à travers les temps :
Dans l’antiquité, Izé aurait été une ville importante. A la suite d’un cataclysme, la cité aurait disparu. Rien n’a été prouvé à ce jour…
Il y avait à Izé deux maisons bourgeoises, le château de la Mairerie (détruit complètement lors de la tornade le 13/12/1978) et le château de Cordouan, où il existait a priori un souterrain. Le château de la Mairerie avait lui aussi son souterrain qui allait jusqu’au cimetière.


L’église d’Izé a bien souffert depuis son édification, au XVIIème siècle. Elle a été brûlée pendant la Révolution, le 5 novembre 1795. Le feu fut allumé par les Chouans qui venaient du Mans et entraient en Mayenne. Les archives que contenaient l’Eglise fut incendiées (sauf les états civils). L’Abbé Pierre-François Barrier prêta serment à la Constitution en 1791. Il était alors le principal du Collège d’Izé (de 1765 à 1790). Très vite, quand le calme est revenu en France, l’église a été reconstruite, elle a été longtemps couverte en paille. L’église fut dédiée à Saint-Pierre et Saint-Paul et dépendait de l’Abbaye d’Evron.
Il est dit qu’il y avait une première église paroissiale construite à 3 kilomètres du bourg, au village de la Huardière, sur l’emplacement qu’occupait une croix de pierre au milieu de laquelle avait été creusée une petite niche qui renfermait un Saint-Aubin en faïence. Près de cette croix a été bâtie une petite chapelle dédiée à Saint-Aubin où de nombreux pèlerins venaient le 1er mars demander la guérison de la fièvre.
Une autre chapelle dédiée à Saint-André existe toujours sur la route de Trans. Elle a été construite au XIIIème siècle. On avait coutume de plonger les enfants en bas-âge dans la fontaine qui coulait près de la chapelle, elle avait le pouvoir de les faire marcher seuls.



Avant et après la Révolution, il y avait un collège à Izé qui se situait près de l’Etang dans de vieilles maisons basses. L’école des garçons existait déjà. L’école publique des filles a été créée en 1837 et jusqu’en 1898, elle a été dirigée par les Sœurs de la Communauté d’Evron. L’école privée a été construite en 1897 sur une propriété léguée par l’Abbé Leroy et a ouvert ses portes le 16 septembre 1898. Elle était dirigée par les Sœurs de la Communauté d’Evron.
En 1813, les Chouans arrivèrent en Mayenne, après s’être cachés dans les forêts de la Charnie et de Sillé-le-Guillaume. Des bandes étaient organisées et dirigées par le Capitaine Sans-Façon, un homme drapé dans un manteau vert et coiffé d’un chapeau à plume blanche. Arrivés de Saint-Martin, ils se replièrent au hameau le Vilant. Surpris quelques heures plus tard par les gendarmes, un combat s’engagea, ce fut « le combat du Vilant ». Les soldats et les brigands tués dans le combat furent inhumés dans le bois d’Izé. L’emplacement porte le nom de « Croix aux Chouans ».
Voici un extrait du livre Le Capitaine Sans-Façon de Gilbert-Augustin Thierry (1882)
Fin 1812, les Chouans surgirent dans la forêt de Charnie et rôdaient autour de Sillé-le-Guillaume. Des hommes avec des sobriquets étranges : le Grand Francoeur, le Moustache, le Jambe-d’Argent, le Mousqueton, Tue-sans-Chagrin, Heurte-Bise, Tue-en-Douceur, Monte-à-l’Assaut, …. Cette bande de bandits, les « gars mainiaux » avaient pour chef le Capitaine « Sans-Façon ». Le Colonel Cavalier mobilisa 600 gendarmes à pied, à cheval, et soldats provenant des légions d’Alençon, de Caen, d’Angers et de Rennes pour arrêter le Capitaine Sans-Façon.
Nous sommes en février 1813.
En avant !… Le soir tombait. Là-bas, dans les grisailles de l’horizon s’estompait un village ; une fumée bleuâtre flottait au-dessus des maisons, – là-bas, un gîte, – là-bas, le repos. On presse le pas. Le lieutenant Blasson consulta sa carte : le hameau était la paroisse du Vilant… Chien de Taudion !
En avant !… Soudain, des premières maisons du village, quatre coups de feu partirent : quatre gendarmes tombèrent. Les Chouans !… « Halte » cria le lieutenant ; – et il prit sa position de combat.
Maintenant, le hameau se dressait dans la nuit, morne et sombre : pas une lumière luisant dans l’ombre, pas un murmure de voix éveillant le silence… A demi-portée de fusil, les soldats se tenaient l’arme au pied. Le lieutenant appela un des sous-officiers :
« Emmenez vingt hommes ; tournez la position, et prenez-moi tous ces coquins à revers. J’attends vos premiers coups de feu pour attaquer !…Toi, dit-il encore à un de ses brigadiers, cours à Sillé ; annonce au colonel que nous tenons Sans-Façon… »
Une grande demi-heure s’écoula ; enfin, à l’autre bout du village, des coups de feu retentirent : les Chouans étaient cernés…
« Vive l’Empereur ! » – et la colonne s’ébranla…
De toutes les maisons partit un roulement de fusillade : la colonne s’arrêta net et recula…
A gauche du chemin, une grange était ouverte, toute remplie de fagots et de gerbes de paille. Le lieutenant Blasson cria à ses hommes : « J’aime à voir clair : flambez-moi ça ! » On flamba ça…
La flamme jaillit, crevant la toiture de chaume ; elle s’allongea, léchant les maisons voisines. Un grand cri s’éleva dans la nuit ; là-bas, vers Izé, le tocsin tinta ; – le feu dévorait le Vilant.
« A la baïonnette ! » commanda Blasson et, suivi de ses hommes, il s’élança au pas de charge…
Vingt-cinq mètres plus loin, il trébuchait : il était venu butter contre une barricade. Des charrettes entassées barraient le chemin. Derrière ces charrettes, à plat ventre dans la fange, le Brigand fusillait à bout portant ; à droite et à gauche, par les fenêtres matelassées, le Brigand tirait encore dans le tas…
Alors, aux clartés de l’incendie, on put voir se dresser un homme sur la barricade – un homme drapé dans un manteau vert et coiffé d’un chapeau à plume blanche :
« Vous, les Bleus, cria-t-il, rendez-vous ! »
Une décharge générale répondit à la sommation de l’audacieux.
Au matin, le colonel Cavalier arrivait au Vilant : deux escadrons le suivaient avec un grand fracas de sabres et de bottes.
Sur la place du village, Blasson et ses hommes entouraient un feu de bivouac. Les uns astiquaient leurs armes, les autres fumaient leur pipe, ceux-là sifflotaient quelque Marie trempe ton pain. Quatre chouans ligotés de corde étaient couchés à terre, taciturnes, et bavant leur rage. Dans une grange, par la porte ouverte, on apercevait, pêle-mêle, sur la paille, des gendarmes blessés. Ils étaient nombreux, et presque tous portant galons et chevrons. Au palier d’une maison voisine, d’autres encore gisaient étendus, raides et immobiles dans leurs longs manteaux bleus – leurs suaires : c’étaient les morts.
Le lieutenant Blasson courait vers le colonel Cavalier.
Et Sans-Façon ? demande celui-ci.
Pour toute réponse, le lieutenant haussa les épaules.
Sans Façon ?… Sans Façon ?… Répéta impétueusement le colonel.
Alors le lieutenant, avec un grand geste de désespoir :
« Manqué ! »



























































