Analyse des résultats

Episode 3 (Identifier son père biologique)

L’arbre généalogique maternel et ce que m’a raconté Philippe sur le passé de sa mère m’apportent quelques pistes, dont chacune sera analysée avec méthodologie et surtout du temps. Philippe a une première idée sur l’identité de son père biologique mais cette piste sera écartée plus tard.

Philippe a réalisé un test ADN via MyHeritage. Quelques semaines plus tard, les résultats tombent :

Voici une vue d’ensemble des correspondances ADN de Philippe. Sur MyHeritage, les correspondances ADN sont classées en trois parties, en fonction du taux d’ADN partagé, selon le lien de parenté :

  • Famille proche
  • Famille élargie
  • Parents éloignés

Philippe se retrouve avec 1219 correspondances ADN. Ce qui pourrait, à première vue, nous faire croire en la facilité de trouver des cousins ou parents proches parmi ce millier d’individus. Mais malheureusement, très souvent, la plupart des correspondances sont éloignées, voire très éloignées. Si son père biologique avait réalisé le même test, tout le travail qui suit aurait été bien évidemment inutile.

Dans la partie « Famille proche » figure seulement une personne : sa demi-soeur, qui avait déjà fait un test ADN.

Trois personnes intéressantes, une femme nommée Aline et deux sœurs nommées Ambre et Louna, âgées d’une vingtaine d’années apparaissent dans la partie « Famille Elargie« . Malheureusement aucune de ces trois personnes ne répondront à nos demandes, et n’ont pas constitué d’arbres généalogiques. Il est fort probable que ces personnes ont réalisé un test MyHeritage pour avoir uniquement connaissance de leurs origines ethniques. Effectivement, faire ce test vous permet aussi de connaître vos origines ethniques.

Analyse 1

Louna et Ambre

Les deux soeurs partagent le même taux ADN avec Philippe, soit 2.3%, et un segment de 162.5cM.

MyHeritage estime le lien de parenté possible entre Philippe et Louna ou Ambre.

Le lien de parenté est donc très intéressant puisqu’il y a une forte probabilité que Louna et Ambre soient les filles d’un cousin germain de Philippe. Si je réussis à identifier leurs parents et grands-parents, je suis consciente que mes recherches avancent à grands pas.

Analyse 2

Monter et descendre les branches

Ce diagramme que présente MyHeritage montre bien que plus on s’éloigne de nos parents, grands-parents, arrières-grands-parents, plus le chemin sera long pour retrouver l’ancêtre commun.

Lorsque vous réalisez un test ADN sur MyHeritage, vous pouvez associer votre arbre généalogique ou pas. La saisie de vos parents, grands-parents et arrières-grands-parents suffit aux généalogistes pour remonter votre arbre généalogique. Quand il n’y a aucune donnée, le généalogiste doit se convertir en détective.

L’ADN de ces trois personnes ne matchant pas avec la demi-sœur de Philippe, on peut donc d’emblée supposer qu’elles font partie de la branche paternelle de Philippe, mais rien n’est sûr, l’ADN ayant ses complexités et les partages restant faibles, la demi-sœur pourrait très bien ne pas avoir reçu le même ADN. Il m’est impossible de trouver les ascendants de ces trois personnes, pas d’information non plus sur les réseaux sociaux, Internet… Je suis dans une impasse.

Je n’ai donc pas d’autres choix que de concentrer mes recherches sur les correspondances ADN de la partie « Parents Eloignés« , ce qui complique la tâche puisque le taux d’ADN partagé est très faible. Plus le taux d’ADN partagé est bas, plus l’ancêtre commun se retrouve très loin dans l’arbre. J’écarte toute personne matchant avec la demi-sœur. Je retiens celles qui ont un ADN partagé de plus de 0.6% avec Philippe et/ou qui apparaissent dans des arbres généalogiques très élaborés (plus de 1000 personnes). Je me suis toujours « amusée » à identifier l’ancêtre commun que j’avais avec mes propres correspondances ADN qu’elles soient faibles ou pas. Les correspondances avec mes deux parents m’orientent plus facilement également. J’ai donc un peu d’expérience dans mes bagages…

Mon travail consiste à reconstituer les arbres généalogiques de ces personnes et à étudier les croisements de ces correspondances ADN qui lient plusieurs personnes. Le but étant de trouver un ancêtre commun à ces personnes de mêmes correspondances ADN, pour ensuite redescendre l’arbre, travailler la descendance et étoffer au maximum les branches collatérales. Il s’agit d’un travail de fourmi et des heures de recherches.

J’ai la chance de trouver dans les parents éloignés une femme nommée Marie, qui est la soeur d’Aline, une des trois personnes de la famille élargie. Philippe ne matche pas avec les deux sœurs avec le même pourcentage d’ADN partagé. Pour une, il partage 1.30% et l’autre 0.60%. Je tente de contacter Marie, qui par chance me répond et m’aide à reconstituer son arbre généalogique en me donnant le nom de ses grands-parents, ce qui me suffira presque pour remonter son arbre généalogique.

Extrait de l’arbre généalogique de Philippe

Aline (qui fait partie des correspondances ADN de la partie « Famille élargie ») partage 1.3% d’ADN avec Philippe, alors que sa soeur Marie partage seulement 0.6%. Cet exemple nous montre qu’il ne faut pas négliger les matchs avec un taux d’ADN partagé faible. Tout comme je l’ai fait avec Louna et Ambre, analysons le lien de parenté possible :

C’est ainsi qu’il ne faut pas écarter toutes les correspondances ADN, notamment celles qui sont dites : « faible niveau de confiance » (il faut tout de même s’intéresser aux correspondances croisées) et les correspondances étrangères (si un seul parent est du pays pour lequel nous effectuons les recherches, alors on peut être quasi sûr que l’ancêtre commun se trouve dans cette branche).

Prochaine étape : reconstituer les arbres généalogiques avec ces cousin/es génétiques résultant des correspondances ADN dont la plus intéressante pour l’instant est celle de Marie (de par les informations obtenues), et travailler la triangulation. Il va falloir rejoindre les branches de ces arbres.

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