
Sources : Chroniques craonnaises (Didacus Antoine Jérôme Marius de Bodard de La Jacopière) – Chroniques de Fresnay (A le Guicheux) – Etude historique sur Douillet-le-Joly (Robert Triger) – Le Maine Histoire économique et sociale XIXème siècle l’aube des temps nouveaux (André Bouton)
OUI, si vous avez des origines françaises, alors vous êtes très certainement un descendant de Charlemagne arithmétiquement parlant.
Faites un petit calcul : vous avez 2 parents, 4 grands-parents, 8 arrières grands-parents, 16 arrières arrières grands-parents, … Vous vous souvenez de vos cours sur les puissances en mathématiques?
Dans mon cas, où 40 générations me séparent de Charlemagne, cela signifierait que j’ai : 240 = plus de 1000 milliards d’ancêtres correspondant à la génération de Charlemagne (à la 40ieme génération), ce qui est bien évidemment impossible. La population française à l’époque de Charlemagne est estimée à 8 millions.
Alors comment expliquer cette incohérence?
L’IMPLEXE, qui est un ancêtre qui apparaît plusieurs fois dans un arbre généalogique. Et oui, il était très fréquent chez nos ancêtres, d’épouser son cousin, sa cousine, proche ou éloigné(e), ce qui réduit considérablement le nombre d’ancêtres par génération, par rapport au calcul théorique.

Malheureusement, nous ne vivez ni dans un Château, ni dans un Manoir, qu’auraient pu vous laisser en héritage Charlemagne et ses descendants Chevaliers et Seigneurs…
Néanmoins, si vous cherchez bien, vous avez certainement un ancêtre bourgeois, noble…. qui a malheureusement perdu son titre pour plusieurs raisons comme par exemple :
- il ou elle n’était pas l’aîné(e) et a donc été exclu(e) de la succession
- il ou elle n’a pas été marié(e) à un noble
- sa seigneurie et sa baronnie ont été confisquées
- il ou elle a été ruiné(e) pendant la Révolution
- il ou elle a épousé un(e) domestique (mariage d’amour…)
N’oublions pas que la vie des Seigneurs et des Chevaliers n’était pas si fascinante…. Voici le dernier duel de mon ancêtre Chevalier Guérin de Craon et sa mise à mort en 1039 :

« Aussitôt le froissis des lances, le heurt des harnois se font entendre : les coups d’épée et de masse d’årmes tombent et retentissent sur les casques et les cuirasses comme une effroyable grêle. Les rangs brisent les rangs ; les chevaliers, semblables à des tours de fer mouvantes, enfoncent la masse des fantassins, et , bravant leurs traits, leurs lances et leurs crocs , les écrasent sous leurs chevaux bardés de fer, ou les abattent de leurs épées à deux mains, comme le faucheur abat l’herbe des prés. — Mais Guérin et le Bourguignon se sont reconnus . Qui peindra leur fureur ? La même rage les pousse l’un vers l’autre : le choc sera terrible ! Tous deux sont montés sur de puissants chevaux entiers, à tous crins. Une cotte impénétrable, à doubles mailles d’acier, les couvre de la tête aux genoux et descend encore sur leurs mains nerveuses. Leurs bottines, aussi à doubles mailles, à semelle de fer et à pointe recourbée, sont armées de longs éperons. Le nasal de leurs casques quadrangulaires et pointus, à la façon normande, ne défend que le milieu du visage et laisse entrevoir les éclairs qui jaillissent de leurs yeux. Devant eux, tout fuit, tout s’écarte, ils se joignent.
N’écoutant que sa colère et comptant sur sa force, Guérin précipite ses coups. Plus maître de lui, plus agile, le Bourguignon parc avec adresse. Un moment son bouclier semble le découvrir. Guérin ne voit pas la ruse ; rassemblant toutes ses forces , dressé sur ses étriers, il porte à Robert un coup de lance si terrible qu’on le crut un instant traversé de part en part; mais l’adroit Bourguignon avait reçu le coup dans son bouclier et la lance y était restée brisée . Sans se déconcerter, Guérin tire son épée, se précipite sur son redoutable rival, et va le joindre de plus près. Prompte comme l’éclair, la lance du Bourguignon l’arrête, et l’atteint si au ferme, dit Bourdigné, que le malheureux Guérin roule à terre mortellement blessé . En vain ses écuyers volent à son secours et cherchent à le relever, ils ne peuvent que l’arracher tout ensanglanté aux derniers coups de son rival, et l’emporter mourant. A cette vue, sa troupe plie, mais en bon ordre, et pendant qu’elle regagne Craon, le gendre de Guérin se retire à Vitré .
A peine arrivé à Craon , Guérin rendit le dernier soupir, dont fut dommage, dit Bourdigné, car il était hardi et courageux chevalier. »
Source : Chroniques craonnaises (Didacus Antoine Jérôme Marius de Bodard de La Jacopière)
