Sur les traces de Maxime Du Camp…

« Qu’est-ce-qu’il y a de plus grand, les guerres de Vendée ou les guerres de l’Empire ?
Petit garçon, il y a quelque chose de plus grand que les guerres de Vendée et que les guerres de l’Empire, c’est la Paix! »
Source : Echange entre Maxime Du Camp enfant et sa mère, Souvenirs littéraires 1882, Maxime Du Camp
Gravure de Maxime Du Camp.
Source : Maxime du Camp, d’après une gravure de l’Illustration

Dans n’importe quelle librairie, vous trouverez facilement dans le rayon « Littérature française » ou même dans le rayon qui réunit « Les Classiques », les oeuvres de Théophile Gautier, Charles Baudelaire et Gustave Flaubert, mais vous ne trouverez rien sur leur ami commun Maxime Du Camp. C’est en faisant des recherches généalogiques que j’ai découvert cet écrivain qui a passé une partie de sa jeunesse dans le Maine et qui a connu Pierre Chédor, mon Sosa 64, G7. Lors des journées patrimoine, en 2019, j’ai visité le Manoir de Bernay, qui appartenait à l’époque à sa grand-mère (visite guidée par M. Henri Gros) à Montreuil-le-Chétif, un des villages d’origine de la famille Chédor, propriété voisine de la ferme de mon ancêtre Pierre Chédor. Je me suis ainsi intéressée à la vie de Maxime Du Camp. J’ai reconstitué son arbre généalogique puis j’ai lu divers témoignages, ses écrits et notamment ses Souvenirs littéraires.


UN ÉCRIVAIN TOMBE DANS L’OUBLI

Maxime Du Camp était un écrivain méconnu qui a malheureusement été fort critiqué, détesté et qualifié de « cruel », « méchant »,… On lui a beaucoup reproché son manque de respect pour son ami Flaubert, notamment lorsque Maxime Du Camp alors devenu Directeur de la Revue de Paris, publia Madame Bovary en effectuant des coupures, entre autres, la scène du fiacre et en modifiant beaucoup de phrases. Puis quand Maxime Du Camp révéla après la mort de Flaubert, que ce dernier était épileptique.


LES ORIGINES DE MAXIME DU CAMP

Maxime Du Camp est né le 8 février 1822 à Paris. Malheureusement il ne connaîtra pas son père, décédé d’une tuberculose le 1er avril 1823. Il était chirurgien urologiste réputé, dont la courte vie promettait un avenir très brillant.

Ascendance de Maxime Du Camp (5 générations. Arbre généalogique de Maxime Du Camp.
Ascendance Maxime du Camp, Heredis by Emilie Chédor

Maxime Du Camp était un écrivain talentueux, un auteur d’impressions de voyages, avec une passion pour les voyages et surtout pour l’Orient. Il se disait descendant arabe ; selon lui sa famille était originaire d’Espagne. En remontant son arbre généalogique, les origines de Maxime Du Camp seraient plutôt béarnaises, sarthoises, parisiennes… Sur six générations, je n’ai pas trouvé d’origines espagnoles, ni arabes.

Privé de père, Maxime Du Camp perdit sa mère à l’âge de 15 ans, décédée elle-aussi de la tuberculose, elle n’avait que 34 ans. L’enfant fut dès lors élevé par ses grand-parents maternels. S’il n’avait pas d’affinité avec son grand-père, il était néanmoins très proche de sa grand-mère maternelle, Marie-Antoinette Robert de Frémusson, qui était propriétaire d’un bien patrimonial composé de trois fermes dont l’une, la terre de Frémusson (qui avait prêté son nom à ses ascendants de la lignée maternelle), puis la terre de Bernay à Montreuil-le-Chétif, dont la maison d’habitation était une Commanderie des Templiers, manoir de la fin du XIIIème siècle. Pierre Paul Robert de Frémusson, son arrière-grand-père était Ecuyer, Conseiller du Roi et Secrétaire Général de la Cavalerie de France. Charles Robert de Frémusson, le père de Pierre, était lui aussi Conseiller du Roi, Sieur du Rocher, Contrôleur au Grenier à Sel et Seigneur de Bernay. La famille Robert était originaire de la Sarthe.

Maxime Du Camp a donc passé une partie de sa jeunesse dans le Maine, dans le Pays de Fresnay-sur-Sarthe (Fresnay-le-Vicomte).

Carte de la Sarthe, Fresnay-sur-Sarthe

Ci-dessous deux photos du Manoir de Bernay, photographié lors de ma visite en 2019.

Marie-Antoinette Robert de Frémusson, la grand-mère maternelle de Maxime Du Camp, était la petite-fille de Louis Maiselle Dubourg, Maître d’Hôtel du Marquis Fouquet de la Varenne, lui même fils de Louis Charles Maiselle Dubourg, Concierge garde-meuble et argentier de l’écurie de la Reine Marie-Antoinette. Selon Maxime Du Camp, il aurait été chargé de préparer les fonds nécessaires à la fuite du roi en 1792.

Le grand-père paternel de Maxime Du Camp, Louis Barthélémy Cheronnet, était architecte, fils de Maître maçon et Entrepreneur. Il fut le tuteur de Maxime Du Camp entre 1837 et 1843.

En 1843, à sa majorité, Maxime Du Camp hérita de la fortune de son père, ou plutôt de son grand-père paternel, Jean-Baptiste Du Camp, qui était Commissaire du Roi pour les poudres et les salpêtres du département de la Guyenne. Il avait épousé la fille d’un Commissaire des Poudres, Catherine Victoire Mugneret.

Maxime Du Camp est né un 8 février et mort le jour de son 72ème anniversaire, le 8 février 1894 à Baden-Baden.


DU CAMP / FLAUBERT, UNE AMITIÉ AMOUREUSE

Maxime Du Camp eut une jeunesse compliquée, les études étaient difficiles. Renvoyé de quelques écoles, il a tout de même réussi à suivre ses études et a obtenu son baccalauréat littéraire. A sa majorité, 21 ans à cette époque, ayant hérité de son père, il fréquenta les endroits où se rencontraient littéraires, poètes, écrivains,… Il fit connaissance de nombreux écrivains et c’est à ce moment que ces deux passionnés de plume, Gustave Flaubert et Maxime Du Camp se rencontrèrent et se lièrent d’amitié (échange de projets littéraires, esquisses de futures collaborations, confidences intimes,…).

Source : A gauche : Gustave Flaubert, Wikipedia – A droite : Maxime Du Camp, Wikipedia

Inspiré par Amédée Jaubert, orientaliste et voyageur, Maxime Du Camp voulut partir à la découverte de l’Afrique du Sud pendant sept ans. Mais il renonça à ce projet trop ambitieux. Néanmoins ce projet lui a toujours tenu à coeur, jusqu’au moment où il proposa à son ami Flaubert de l’accompagner dans son expédition vers l’Asie Mineure, Constantinople, l’Italie et l’Algérie. C’est à ce moment que Flaubert lui révéla ses problèmes d’épilepsie qui l’empêchaient de partir. Maxime se résigna à partir seul en 1843.

Maxime Du Camp qui avait écrit ses souvenirs de ce voyage dans Souvenirs et Paysages d’Orient en 1848 offrit le livre à son ami en lui dédicaçant sur la page de garde.

Source : Les amis de Flaubert, Maxime Du Camp, Essais de clinique littéraire, Docteur André Finot, 1949


Quand Flaubert, dévasté, perdit son père et sa soeur d’une infection, il ressentit le besoin d’écrire à son ami : « Tu ne saurais croire comme je t’aime, de plus en plus, l’attachement que j’ai pour toi augmente. »

Carte du tour de Bretagne effectué par Maxime Du Camp et Gustave Flaubert.
Source : Carte reproduite d’après l’article de Madame Le Herpeux, « Flaubert et son voyage en Bretagne »,
Annales de Bretagne, t. XLVII, 1940

Flaubert et Du Camp ont voyagé ensemble. Ils ont réalisé un tour de Bretagne de Tours à Honfleur, en passant par Nantes, Guérande, Vannes, Auray, Lorient, Concarneau, Penmarc’h, Douarnenez, Morlaix, St Brieuc, Dinan, Rennes. Plus de 18 mois entre 1849 et 1850 en Afrique, en Egypte, Perse, Mésopotamie, Jérusalem, Liban,… Ils écrivent ensemble leurs aventures, leurs voyages,..Par les champs et par les grèves. Grâce à Du Camp, Flaubert a pu voyager en Afrique et en Asie, et y trouver son inspiration, notamment pour l’écriture de Madame Bovary.

En 1849, Maxime Du Camp est délégué par le Ministère de l’Instruction publique pour photographier les monuments et les sites du Moyen-Orient. Il est accompagné de son ami Gustave Flaubert. Ils arrivent le 8 août 1850 et restent deux semaines. Ils reviennent avec 214 calotypes. 125 d’entre eux sont imprimés par Blanquart-Evrard et publiés en 1852 par Gide & J. Baudry sous le titre: Egypte, Nubie, Palestine et Syrie : dessins photographiques recueillis durant les années 1849, 1850 et 1851… Ce volume, très coûteux, est le premier livre de voyages à contenir des reproductions photographiques, et en particulier 11 photos de Jérusalem prises en 1850.

Si Du Camp a été extrêmement maladroit avec Flaubert dans l’affaire Bovary, Flaubert n’a pas été non plus très tendre avec son ami. Jalousie?

Maxime Du Camp a reçu quelques honneurs :

  • La Croix d’officier de la Légion d’Honneur en janvier 1852. Flaubert dira « Tout se confond dans sa tête : femmes, croix, art, bottes, tout cela tourbillonne au même niveau, pourvu que ça le pousse, c’est l’important. Admirable époque que celle où l’on décore les photographes et où on exile les poètes! Quelle immense ironie à tout cela, et les honneurs foisonnent quand l’honneur manque. »
  • L’Académie Française, Flaubert dira « depuis qu’il est académicien, sa cervelle légère doit lui avoir tourné. Homme dont il y a beaucoup de bien et beaucoup de mal à dire. »

Quelques différends littéraires les sépareront peu à peu, se voulant critiques l’un et l’autre sur leurs propres oeuvres. Comme lui écrivit Flaubert : « Nous ne suivons plus la même route… Que Dieu nous conduise où chacun demande! Moi, je ne cherche pas le port, mais la haute mer, si j’y fais naufrage, je te dispense du deuil, etc… ». A propos de ses écrits dans la Revue de Paris et son oeuvre Le Nil, Flaubert disait que « plus le temps s’éloigne où Du Camp suivait mes avis, et plus il dégringole. » Il considéra son livre comme « pitoyable », « curieux de nullité, de style archiplat, prouvant une dégringolade rapide. »

Pourtant Flaubert avait une grande affection pour son ami et avait souhaité le revoir avant que Du Camp ne reparte en voyage. Il lui envoya une lettre le prévenant qu’il passerait le voir, mais le destin en avait décidé autrement. Il mourut subitement, ce qui fit éclater en sanglots Maxime Du Camp, ayant reçu le courrier au même moment qu’il lut la terrible nouvelle dans le journal.

Après la mort de Flaubert, dans ses Souvenirs littéraires, Maxime Du Camp écrivit que « Du jour où Flaubert s’était confié à moi et m’avait lu Novembre, nous ne nous quittâmes plus ; ou chez lui, ou chez moi, nous étions ensemble. »


CORRESPONDANCES ENTRE FLAUBERT ET DU CAMP

Des chercheurs de l’Université de Rouen ont mis à disposition sur un site 6946 correspondances de Flaubert, lettres écrites ou reçues. On peut donc retrouver quelques lettres de Maxime Du Camp écrites à Gustave Flaubert.

D’un commun accord, ces deux écrivains ont décidé de brûler une partie de leurs correspondances, lorsque « la publication de Lettres de Mérimée à une inconnue – que l’on connaît – vint nous révéler à quel danger, à quel abus de confiance on s’exposait en laissant subsister ces confidences intimes où les mots « propres » ne sont point ménagés, où les noms sont prononcés, où le coeur s’ouvre sans réserve » (Maxime Du Camp).

Maxime Du Camp avait pour habitude de raconter à son ami ses étreintes, ses conquêtes féminines, parfois dans un langage un peu cru où le romantisme semblait inexistant… Voici un extrait d’une lettre écrite depuis le domaine de Bernay le 20 septembre 1846.

MAXIME DU CAMP À GUSTAVE FLAUBERT
 
[Bernay, 20 septembre 1846.]

Escript en ma châtellenie de Bernay
le 20 7bre 1846.
 
[…]
Je reprends de plus haut et j’entre à toute plume dans la marchande de tabac : dimanche dernier en sortant pour me rendre au musée (afin de revoir le Déluge de Poussin que le Magasin pittoresque d’Hamard m’avait remis en tête), j’entrai chez cette vénérable pour acheter des cigares : elle était dans son arrière-boutique, j’y entrai : je lui pris immédiatement les tétons et lui fis une langue, ce qui me mit naturellement en rut. Je trouvai son téton ferme, cela me donna des idées – et je lui tins à peu près ce langage. « Je bande à souhait, voulez-vous que ce soir je vienne vous prendre pour dîner, nous tirerons un coup olympien. » – Elle me répondit : Venez à 4 heures et je vous donnerai réponse – Je partis, j’allai au musée, où je fus dans une érection permanente et gigantesque. À 4 heures je revins : elle ne pouvait pas, me disait-elle, elle avait du monde à dîner etc. etc. Mais le lendemain à déjeuner si je pouvais. J’étais mal pris, le lendemain je partais, j’avais mes malles à faire, deux courses importantes et des lettres à écrire. Néanmoins j’accepte, persuadé qu’un honnête homme doit saisir toutes les occasions de faire plaisir à une pauvre bougresse de femme qui n’a que son doigt pour passe-temps – Je rentre, je dîne, et le soir je suis pris d’un accès de priapisme si violent que je descends les escaliers en courant, je saute dans un fiacre et je me fais conduire chez la Guérin où je tire un coup majuscule et juteux en diable. Le lendemain, comme nous en étions convenus, je la rencontre à midi en face le Café Anglais. Nous montons en voiture, en route pour le Méridien –. Le garçon sourit d’un air intelligent en me voyant, et reconnaissant que je ne suis pas un drôle, il me met dans la plus belle chambre, la chambre de : « Il la rassure. » – Deux douzaines d’huîtres, salade d’anchois, filet aux olives, turbot sauce crevette, pêches, poires, raisins, eau-de-vie de Dantzig, Lafitte 1ere. Je la fais déshabiller, elle ne garde que sa chemise : je la branle deux fois, elle crie et se pâme – Je tire un coup, elle hurle et se repâme : je lui flanque tout dans le sac. Nous déjeunons : entre le filet et le turbot je lui campe une douce avec accompagnement de langue et de doigt dans l’anus : elle est dans un tel état, qu’elle casse la carafe. Nous finissons de déjeuner : je la rejette sur le lit et là commence le grand jeu. Quand je la branle ça ne coule pas, elle a l’air de pisser : une véritable cataracte. Je tire deux coups tout de suite sans décoller, elle jouit au moins une dizaine de fois. Elle me mord à l’épaule avec tant de violence qu’elle en coupe ma chemise et ma flanelle. Dans ses mots inarticulés elle était moins poétique que ta Muse mais elle s’écriait à chaque minute : sacré cochon, tu vas me faire crever ! – Nous nous reposons, elle ne tient plus sur ses jambes : j’avale deux verres d’eau-de-vie de Dantzig, et je lave Thomas avec du vin de Bordeaux. Au bout de quelques instants, me voyant toujours en bel état, je la mets encore sur le lit confondu*, je lime pendant plus d’un quart d’heure, je renonce à te dire dans quelle exaltation elle était (j’en bande de souvenir) elle n’a poussé qu’un cri, il a duré 10 minutes : enfin j’accouche tant bien que mal de mon quatrième coup. Elle ne veut pas que je parte ce soir, et veut que j’aille passer la nuit chez elle : elle ne sait plus où elle en est : je jouis de mon œuvre et m’admire dans la glace. Elle avait si peu foutu, que de ses cuisses la liqueur prostatique avait trempé ses bas jusqu’au milieu. Jamais je n’ai vu jouir comme elle. C’est superbe. 


MAXIME DU CAMP ET LES FEMMES

Maxime Du Camp ne se maria pas. C’est un homme qui multipliait les aventures et satisfaisait ainsi ses désirs… Lorsqu’on lit ses correspondances avec Flaubert, on pourrait penser que Du Camp considérait les femmes comme des objets, tant ses écrits à l’égard des femmes sont obscènes, sauvages, voire grossiers. Deux femmes auront tout de même visiblement compté dans sa vie.

En 1844, Maxime Du Camp rencontra une femme à Rome lors de son retour d’Orient, prénommée Suzanne B. Bonde aux yeux bleus, de huit ans son aînée. Amants, leur passion paraissait sérieuse et durable aux yeux de Du Camp. Bonheur qu’il aurait retranscrit dans ses poèmes, les Chants d’Amour, seconde partie de ses Chants Modernes.

Je t’aimerai toujours. Mon âme est éternelle ;
Sans repos je dirai l’hymne de nos amours ;
Maintenant et plus tard, sur la terre mortelle
Dans les autres futurs, je le dirai toujours!

Car pour l’éternité nos âmes sont unies ;
Nous marcherons parmi les transmigrations,
Ensemble gravissant les routes infinies
Où nous devons trouver nos incarnations.

Jusqu’au jour où tous deux, rayonnant de lumière,
Ayant tout épuisé, joie, amour et bonheur,
Nous nous absorberons dans une mort dernière
Pour ne faire plus qu’un dans le sein du Seigneur!

… Notre voiture allait au grand trot des chevaux
Parmi les cris confus des cochers, et la roue
Faisait jaillir la fange en passant les ruisseaux.

Nous étions seuls tous deux. Nos quatre mains unies
Se pressaient ; ses yeux bleus tremblaient sous mon regard ;
Les glaces de cristal, par l’haleine ternies,
Semblaient nous enfermer dans un moite brouillard.

Muet, j’avais posé mon front sur son épaule ;
Sa voix me ravissait ainsi qu’un choeur lointain.
Son corps souple et charmant, flexible comme un saule.
Faisait craquer tout bas sa robe de satin.

Malheureusement, en 1850, après avoir entretenu une correspondance intense avec sa maîtresse, une lettre est tombée entre les mains du mari qui éloigna sa femme de cette situation, peut-être à l’étranger… Maxime Du Camp culpabilisa et souffrit de cette séparation. Il écrivit cinq années plus tard d’autres vers de Chants d’Amour :

… Vous êtes loin de moi maintenant; cinq années
Ont déjà disparu dans le gouffre du temps,
Depuis que nos amours, par le sort entraînées,
Se sont dit leurs adieux! Hélas ! déjà cinq ans!

Je souffre! Mais je sais aussi que la distance
Ne troublera jamais un coeur comme le mien.
Qu’importent les malheurs qui brisent l’existence!
Mon coeur est plein d’amour, et le sort n’y peut rien!

Au-dessus des douleurs, au-dessus du naufrage,
Sur la mer assombrie et sous le grand ciel noir,
Je sens. ô Porcia, mon amour qui surnage
Et garde sans pâlir l’incorruptible espoir!…

Rien alors ne pourra disjoindre nos tendresses ;
Rien ne pourra ternir notre sérénité ;
Rien ne pourra calmer nos sublimes ivresses,
Et notre rendez-vous sera l’éternité!

Il est évident que Maxime Du Camp aimait Suzanne B, et qu’il savait faire preuve de romantisme.

Une autre femme aura peut-être un peu marqué sa vie. Il s’agissait de Valentine Delessert, femme mariée au banquier Gabriel Delessert, dont il fit la connaissance en 1840 et dont il fut charmé à chaque fois qu’il la voyait. Valentine, de seize ans son aînée, sera sa maîtresse de 1853 à 1863. Il dédicaça son second recueil de poésies Les Convictions à Valentine.

Sources : La Jeunesse de Maxime Du Camp et le Maine, L’Abbé Henri Bruneau, 1894 – Les amis de Flaubert, Maxime Du Camp, Docteur André Finot, 1949 – Souvenirs Littéraires, Maxime Du Camp, 1882-1883

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