Episode 2 (Identifier son père biologique)
Pour bien commencer mes recherches, j’ai dû m’intéresser à la vie de Philippe ainsi qu’à sa mère, essayer de constituer une frise chronologique en mettant en relief les évènements importants (mariages, professions, naissances,…), et notamment ceux qui se rapprochent de l’année de naissance de Philippe.
« Il savait sa généalogie, il connaissait ses aïeux sur le bout des doigts; mais il n’était pas sûr de son père. »
Jules Renard
- L’arbre généalogique
Tout d’abord, j’ai demandé à Philippe s’il possédait un arbre généalogique. Ce qui fut le cas, sa soeur (qui est devenue sa demi-soeur) avait constitué l’arbre généalogique de leur famille. J’ai donc repris cet arbre en retirant toute la branche paternelle. Il me restait donc la branche maternelle. Cet arbre généalogique permet d’identifier et d’écarter les correspondances ADN qui proviennent du côté maternel. J’ai gagné du temps, puisque je n’ai pas eu besoin de faire son arbre maternel, j’ai donc importé les données de sa demi-soeur sur mon logiciel de généalogie, Heredis.
- Des informations sur la vie de la mère
Ce travail est davantage celui d’un détective, plus qu’un généalogiste. Plus on a d’informations sur la vie de la mère, plus cela nous guide dans nos recherches. Les dates sont aussi importantes que les lieux, qui eux nous orientent géographiquement. Les témoignages de proches ou quelques membres de la famille nous apportent parfois des indices très précieux. Dans le cas de Philippe, les pistes données par son père (et non son géniteur) n’auront pas été suffisantes. Il était malheureusement impossible d’interroger sa mère, plongée dans un mutisme profond. Pas simple de révéler un secret vieux de plus de cinquante ans… Qui aurait cru dans les années 60, qu’on pourrait dans les années 2000 identifier une personne, un géniteur par son ADN?
Recueillir des confidences, des souvenirs, des lettres, des courriers, des dossiers familiaux…, autant de sources qui peuvent nous aiguiller. Malheureusement, il faut, dans certains cas, attendre la mort de certains pour que les langues se délient.
- Le test ADN
Le test ADN est l’outil essentiel qui permet d’obtenir des correspondances avec des cousins proches, éloignés ou très éloignés dont il s’agit de déterminer les ancêtres communs et reconstituer l’arbre généalogique. On appelle ces correspondances des matchs. C’est donc un travail de fourmi, un jeu de piste. La demi-soeur de Philippe avait fait un test ADN, ce qui a permis dans un premier temps de confirmer qu’ils n’avaient qu’un seul parent commun, puis d’écarter rapidement les matchs du côté maternel et dissocier les matchs du côté paternel. Les tests ADN ont été faits via MyHeritage.
A cause de la loi de bioéthique, les laboratoires ne peuvent plus livrer en France, pays où il est interdit de faire un test ADN, et où l’on s’expose à une amende de 3750 euros, selon l’article 226‑28‑1 du code pénal. En France, un test ADN ne peut être réalisé que sur demande du Tribunal dans le cadre d’une recherche de paternité, ou par un médecin à des fins médicales ou de recherche scientifique.

